ma note
-/5

moyenne
3.64/5

Printemps Précoce

nombre de notes: 0nombre de notes: 0nombre de notes: 0nombre de notes: 0nombre de notes: 0nombre de notes: 0nombre de notes: 0nombre de notes: 8nombre de notes: 3nombre de notes: 3

les avis de Cinemasie

3 critiques: 4/5

vos avis

11 critiques: 3.95/5

visiteurnote
k-chan 4.75
La girardasse 4.5
Mounir 4.25
hkyume 4
zybine 4
Illitch Dillinger 3.75
JoHell 3.75
Pikul 3.75
OshimaGosha 3.75
Anel-kun 3.5
Chip E 3.5


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

Ozu le plus grand?

Un chef d'oeuvre de plus. A voir pour la magnifique

10 décembre 2003
par La girardasse


Blues du salary man

Réalisé entre les deux chefs d'oeuvre que sont Voyage à Tokyo et Crépuscule à Tokyo, cet avant-dernier film en noir et blanc d'Ozu est admirable. Il est tout d'abord assez remarquable pour son originalité dans l'oeuvre du maître : il n'est pas ici question de mariages arrangés ou de conflits entre générations mais, pendant 2h25, d'une banale crise au sein d'un couple. Naturellement, les choses sont plus complexes : à une trame très narusienne (le couple s'ennuie, il la trompe un soir, il hésite à la quitter) se juxtapose l'admirable ampleur de vue de Ozu, dissimulée sous le vernis intime et familier des scènes de repas et de la vie de bureau. Derrière les deux protagonistes principaux, apparaissent donc petit à petit, en un motif très délicat, une analyse sociologique forte et subtile de la condition de salaryman (les mutations, les espoirs de promotion, le pouvoir d'achat, les sacrifices envers l'entreprise), des étonnants portraits de femmes libres (la maîtresse, la belle-soeur), un arrière plan émouvant sur les amitiés masculines (les banquets d'anciens combattants, le collègue mourant). Appelez la conclusion du film comme vous voudrez (fatalisme, résignation ou acceptation du sort), elle est bouleversante. Un grand Ozu, assez sous-estimé.

26 novembre 2007
par zybine


Adultère, mode d'emploi

Comment Howard Hawks, avec un minimum de fusillades, de chevauchées et de bagarres, une petite ville de studio pour seul décor et une abondance de dialogues parvient-il à réaliser le plus beau western du septième art ? De la même manière, Ozu ne nous montre pas de courses-poursuites, de meurtres ou de lancers de tartes à la crème pour nous faire vibrer, et pourtant, on boit ses films comme du petit lait. Quelquefois, la magie du cinéma ne s'explique pas. Ou alors la meilleure explication se trouve dans les propos d'Ozu lui-même lorsqu'il donne sa vision d'un film réussi: "Les films d'intrigues trop élaborées m'ennuient. Naturellement, un film doit avoir une structure propre, autrement ce ne serait pas un film, mais je crois que pour qu'il soit bon, il faut renoncer à l'excès de drame et à l'excès d'action." Cette opinion pourrait bien sûr être sujette à débat quand on sait, à titre d'exemple, ce qu'un John Woo nous a sorti avec des larmes, du sang et des explosions, mais elle résume parfaitement la philosophie de l'auteur des beaux printemps, étés et automnes – qu'ils soient précoces, tardifs ou même crépusculaires – et la façon dont elle nourrit son œuvre. Printemps Précoce est, comme presque tous les Ozu de cette époque, une variante sur les problèmes matrimoniaux et le « semi » mal-être des fonctionnaires japonais d'alors. Le réalisateur explore les difficultés d'un couple en pleine crise et ses efforts de réconciliation comme il le fit déjà dans Le Goût du Riz au Thé Vert mais en abordant cette fois le thème de l'infidélité, décliné de mille et une manières au cinéma et pour lequel Ozu choisit la pudeur et l'ellipse qu'on lui connaît. Il porte en outre un regard quelque peu désabusé sur la bureaucratie, d'où culmine le monologue glaçant d'un rond-de-cuir proche de la retraite constatant qu'il aura travaillé toute sa vie à la sueur de son front pour au final obtenir moins que des miettes. Si les échanges du couple Ryo Ikebe - Chikage Awashima n'ont pas tout à fait la force de ceux du Goût du Riz au Thé Vert avec Shin Saburi et Michiyo Kogure, le film trouve en revanche ses instants de grâce dans les scènes d'adieu ou de commémoration (le décès d'un collègue, le départ du personnage principal muté en province) qui figurent parmi les plus poignantes de la carrière d'Ozu. Formellement, on s'éloigne un peu plus des mouvements d'appareil d'autrefois (encore présents à dose homéopathique) pour se diriger vers une fixité des plans et une rigueur des cadres qui deviendront essentielles à partir de Crépuscule à Tokyo. Interprétation et musique au sommet, comme toujours chez le cinéaste.  

06 décembre 2012
par Chip E


achat
info
actions
plus
  • liens
  • série/remake
  • box office
  • récompenses
  • répliques
  • photos
  • bande annonce
  • extrait audio